Colore ma vie

c0345.jpg (35597 octets) COLORE MA VIE - sortie le 19 février 2007

mise à jour le 22/09/2009

Les titres de l'album : 

 

1 - La Terre meurt (Aznavour)

2 - Colore ma vie (Aznavour)

3 - Il y a des femmes (Aznavour)

4 - J'abdiquerai (Aznavour)

5 - Tendre Arménie (Aznavour - Aïda Garvarentz)

6 - Avant, pendant, après (Aznavour)

7 - T'en souvient-il ? (Aznavour)

8 - Sans importance (Aznavour - J.P. Bourtayre)

9 - Moi, je vis en banlieue (Aznavour)

10 - Oui (Aznavour)

11 - Fado (Aznavour)

12 - La fête est finie (Aznavour)

 

 

c0353.jpg (78176 octets)

 

Cet album est un véritable tour du Monde musical, presqu'un testament. 

C'est à donner des frissons dans le dos. 

Cuba avec "La Terre meurt", Jazz américain sur "Colore ma vie", on est en plein carnaval de Rio avec "Il y a des femmes" et on plonge au Mexique pour "J'abdiquerai". 

On passe en Arménie avec "Tendre Arménie", en Argentine sur "Avant, pendant, après", au Maroc avec "T'en souviens-t-il", en Espagne avec "Sans importance". 

On revient à Paris pour "Moi, je vis en banlieue", on repart dans les îles sur "Oui", et le temps de faire un saut au Portugal avec "Fado", on s'aperçoit que la fête est finie....

Du TRES GRAND AZNAVOUR.

 

Une sortie collector en digipack CD + DVD est également annoncée pour la même date. En attendant la sortie du clip vidéo avec Nicolas HULOT en invité principal.

 

Chucho Valdés donne une saveur cubaine à la musique d’Aznavour

 

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LA HABANA (AFP).— En enregistrant un nouveau CD avec le pianiste cubain Chucho Valdés, plusieurs fois lauréat du prix Grammy, le Français Charles Aznavour entend mettre un peu de saveur cubaine à ses chansons pour qu’elles atteignent mieux le public.

 

«La chanson est une arme terrible», explique Aznavour. «Avec les thèmes que j’aborde dans mes nouvelles compositions, nous toucherons davantage de gens si la musique a des couleurs cubaines.» Le chanteur français a donné une conférence de presse à l’issue des dix jours qu’il a passés à La Havane pour enregistrer ses chansons sur des arrangements de Chucho Valdés.

 

 

«Les chansons portent sur des questions fondamentales, comme l’écologie et l’immigration. Je n’essaie pas de donner des leçons, je cherche plutôt à attirer l’attention des gens sur ces problèmes, et si quelques refrains servent ces causes, eh bien, tant mieux!», dit Aznavour. Valdés n’a pas participé à la conférence de presse, devant se rendre à Rome où il a été nommé Ambassadeur de bonne volonté de la FAO, mais les journalistes ont pu entendre un enregistrement dans lequel il affirmait que travailler avec Aznavour avait été «un événement historique et inoubliable».

 

Le musicien cubain précisait qu’il avait ajouté «une combinaison de rythmes» à la musique romantique.

 

Aznavour a immortalisé des chansons telles que «Mourir d’amour», «Venise sans toi» ou La Bohême». Agé de 82 ans, il dit ne plus faire de projets. «Quand on arrive à un certain âge, mieux vaut ne plus faire de projets au-delà de l’année suivante, mais je pense continuer faire ce métier que j’aime tant.» Le chanteur français regrette de ne pas avoir pu rencontrer le président Fidel Castro. «J’aurais tant aimé le connaître…»

Le disque qui sortira sur le marché en février ou mars prochain n’a pas encore de titre, informe Aznavour, qui n’écarte pas la possibilité de venir donner un concert de promotion à Cuba, avec Chucho Valdés.

 

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Aznavour à Cuba a concocté un album de chansons «très dures»

(20/10/2006)

 

c0355.jpg (77590 octets)Charles Aznavour a quitté Cuba après avoir enregistré avec le virtuose Jesus «Chucho» Valdes un album de 12 chansons dont plusieurs «très dures», en particulier sur la situation des banlieues françaises, a-t-il indiqué peu avant son départ de La Havane.


«Le disque sera fini très rapidement» et devrait sortir en février, a indiqué mardi le chanteur français, âgé de 82 ans, peu avant son départ après une dizaine de jours à La Havane.

 

«La chanson est une arme redoutable», a assené Aznavour devant un parterre de journalistes cubains admiratifs, prévenant que «beaucoup de chansons (de l'album) sont des chansons très dures», dont l'une qui évoque en particulier la situation des banlieues françaises.

 

«Je parle de la langue de bois des politiciens, qu'ils soient de droite ou de gauche, qui promettent mille choses et qui ne les font pas», a dit le chanteur, déclarant : «Je vais dans des banlieues où les autres ne vont pas».

 

«Né en France de l'immigration, d'une immigration difficile, parce que nous n'étions pas des immigrants, mais des apatrides», le chanteur d'origine arménienne dit avoir «connu tout ce que ces jeunes connaissent aujourd'hui».

 

«Je ne donne pas des leçons, j'essaie de faire dresser l'oreille des gens», a dit encore le chanteur, qui a encore cité «une chanson qui parle d'écologie, de l'être humain qui ne fait pas attention à ce que la terre devient».Pour lui, «la chanson reste et traverse les murs», contrairement à la parole politique, chassée le lendemain par l'actualité.

 

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  Colore ma vie

Aznavour enregistre des chansons à Cuba (AFP, La Havane, 18/10/2006)

 

c0356.jpg (91508 octets)Charles Aznavour a quitté Cuba après avoir enregistré avec le virtuose Jesus «Chucho» Valdes un album de 12 chansons dont plusieurs très dures, en particulier sur la situation des banlieues françaises, a-t-il indiqué peu avant son départ de La Havane.

 

«Le disque sera fini très rapidement et devrait sortir en février», a indiqué mardi le chanteur français, âgé de 82 ans, peu avant son départ après une dizaine de jours à La Havane.

 

Son premier séjour à Cuba a été entièrement consacré au travail en studio avec son ami «Chucho», légende vivante de la musique cubaine, pianiste au style eclectique, considéré comme un des meilleurs de sa génération.

 

«La chanson est une arme redoutable», a assené Aznavour devant un parterre de journalistes cubains admiratifs, prévenant que beaucoup de chansons (de l'album) sont des chansons très dures, dont l'une qui évoque en particulier la situation des banlieues françaises.«Je parle de la langue de bois des politiciens, qu'ils soient de droite ou de gauche, qui promettent mille choses et qui ne les font pas», a dit le chanteur, déclarant: «Je vais dans des banlieues où les autres ne vont pas».

 

«Né en France de l'immigration, d'une immigration difficile, parce que nous n'étions pas des immigrants, mais des apatrides», le chanteur d'origine arménienne dit avoir connu tout ce que ces jeunes connaissent aujourd'hui.

 

 

«Je les comprends parfaitement, a-t-il ajouté, et si je peux apporter une petite aide avec deux lignes dans une chanson, je l'apporte. C'est ma politique à moi, qui est apolitique, justement». «Alors, en ayant une musique cubaine sur des textes comme celui-là, nous étions à peu près sûrs que nous allions toucher le public beaucoup plus fortement», a poursuivi le chanteur. «Ca n'est pas une question de vendre des disques, c'est une question d'imposer des idées à des gens. Ces idées n'étant pas politiques, mais uniquement humaines et importantes, nous avons pensé faire le disque comme ça», a-t-il ajouté. «Je ne donne pas des leçons, j'essaie de faire dresser l'oreille des gens», a dit encore le chanteur, qui a encore cité une chanson qui parle d'écologie, de l'être humain qui ne fait pas attention à ce que la terre devient;

 

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Pour lui, la chanson reste et traverse les murs, contrairement à la parole politique, chassée le lendemain par l'actualité. Pourquoi tant d'années avant de venir à Cuba? Parce que dans les années cinquante, ce qu'on connaissait de Cuba, c'était surtout de la musique qui faisait danser. Et à cette époque, je me suis marié, et ma femme n'aime pas danser. Ce qui fait que j'ai arrêté de danser moi-même et j'ai moins entendu parler des choses cubaines, a-t-il répondu. Ses contacts avec le peuple cubain? «C'est le peuple cubain qui est venu à moi», a-t-il dit: «Dès que je traverse une rue, il y a quelqu'un qui me dit: que profunda emocion!»

 

«Non, je n'ai pas rencontré le président Fidel Castro, car il n'est pas en mesure de recevoir des gens, a-t-il encore répondu. «Je pense qu'il doit être en convalescence«, a-t-il rappelé, mais s'il avait fallu le rencontrer, je l'aurais fait avec beaucoup de plaisir.

 

Des projets pour l'avenir? «Les projets, c'est quand on a 20 ans, parce qu'on a la vie devant soi», a répondu l'octogénaire: «À 82 ans, c'est plutôt une mise en place de ce que l'on a à faire dans l'année, ou celle qui va suivre». En attendant le jour où il devra renoncer à chanter. Ce jour-là, il sentira comme un amant abandonné, a-t-il conclu sous les applaudissements.

 

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Chucho Valdes et Charles Aznavour enregistrent ensemble à Cuba - AFP / Adalberto Roque / David Hecker

 

NOUVEL ALBUM : Aznavour enregistre un disque à CUBA / Charles Aznavour est à La Havane pour enregistre un disque avec le pianiste et compositeur Jesus "Chucho" Valdes.

 

Le chanteur, âgé de 82 ans, a fait des essais toute la semaine avec le musicien cubain avant de commencer l'enregistrement lundi de 11 titres qui mêleront sa voix chaude aux rythmes de l'île. C'est Aznavour qui a eu l'idée de faire un disque avec Chucho Valdes, quand le compositeur était en concert à Paris avec Michel Legrand, au début de l'année.

 

"C'est un géant. Cela a été un honneur incroyable qu'il me choisisse pour un  projet aussi original. Nous avons récupéré des rythmes de chansons romantiques  cubaines et les avons adaptés pour lui", se réjouit Chucho. Charles Aznavour "est une idole en Europe et en Amérique latine. Moi je connais très bien sa musique parce que j'ai toujours aimé son travail", indique le compositeur cubain, lors d'une pause dans les essais. "Ce sont des chansons nouvelles, très belles, qui ont le style typique d'Aznavour, mais avec une touche latine, cubaine", a commenté Chucho Valdes. Les textes parlent de l'amour, de la vie, ajoute-t-il.

 

Aznavour avait déjà collaboré avec un musicien cubain: en 2002, il avait chanté en duo la chanson "Mourir d'amour" avec le légendaire Compay Segundo (Francisco Repilado), décédé depuis.

 

Fils de Bebo Valdes, pianiste renommé des années folles du mambo, Chucho Valdes, 65 ans, est considéré comme un des plus grands pianistes de jazz et de musique latine. Il est le fondateur en 1972 d'Irakere, groupe cubain mythique qu'il a dirigé pendant des années.

 

Chanteur, auteur-compositeur et aussi acteur, Charles Aznavour a un répertoire de 740 chansons dont 350 en français et 150 en anglais.

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      Le chanteur français à l'hôtel National de Cuba

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Charles Aznavour termine un enregistrement à Cuba (18/10/2006)

LA HAVANE (Reuters) -

 

Charles Aznavour a annoncé avoir enregistré à Cuba 11 nouvelles chansons avec le pianiste de jazz Chucho Valdes, pour un nouveau disque dont la sortie est prévue début 2007 par EMI.

 

Après huit jours passés dans le studio Abdala de La Havane, le chanteur français a expliqué que ses nouveaux textes évoquaient notamment la dégradation de l'environnement ou encore les émeutes de l'automne 2005 dans les banlieues des grandes villes françaises.

 

Lors d'une conférence de presse, il a expliqué que les rythmes cubains permettaient à ces paroles de toucher le public, afin de transmettre des idées, pas politiques, a-t-il insisté, mais humaines.

 

Selon Charles Aznavour, les chansons sont un puissant instrument, qui imprègnent l'esprit humain et maintiennent en vie des idées face à l'évanescence des informations dans le rythme quotidien de l'actualité.

 

L'artiste français avait déjà enregistré avec des musiciens cubains, notamment en 1999 avec Compay Segundo, du Buena Vista Social Club.

 

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 c0363.jpg (19591 octets)Le chanteur français Charles Aznavour, ici le  17 février 2006, lors d'un concert à Hambourg, en Allemagne.

CYBERPRESSE, 23/02/2007 "Charles Aznavour sort un album engagé" 

Avec Colore ma vie, Charles Aznavour sort l'un des albums les plus engagés de sa phénoménale carrière. Pour certainement alléger la dureté de certains textes rageurs, il l'a enluminé de couleurs latino, salsa et samba, avec pour réalisateur l'un des plus grands pianistes cubains, Chucho Valdes.

L'une des chansons les plus fortes de l'opus, Moi, je vis en banlieue, n'a rien de surprenant dans la bouche du chanteur d'origine arménienne, né à Paris de parents immigrants et apatrides. À 82 ans, l'artiste sait de quoi il parle pour l'avoir connu. Soixante ans plus tôt, il aurait déjà pu chanter: «On y rencontre tout, la beauté, la vermine, petits dealers futés et sérieux étudiants». Cette «chanson constat» est aussi porteuse d'espoir, comme l'est d'ailleurs le parcours de l'artiste, sorti de l'école à 10 ans, pas très doué en français et devenu l'un de nos plus grands auteurs.

Révolté depuis toujours avec des chansons telles Comme ils disent dénonçant en 1972 l'ordre moral envers l'homosexualité, il stigmatise cette fois les politiques: «À gauche ou bien à droite, où est la différence / Dans leurs discours pompeux pour récolter des voix». L'écologie est aussi à l'ordre de ses préoccupations sur La Terre meurt, le premier extrait de cet album qui devrait connaître un joli succès commercial. «La Terre meurt, l'Homme s'en fout / Il vit sa vie un point c'est tout / La Terre meurt, réveillons-nous», clame-t-il.

Le détachement, le sens de l'humour qui ont toujours caractérisé l'artiste ont encore une place prépondérante dans ce disque avec J'abdiquerai, tel un écho au fameux Je m'voyais déjà.

Au sommet de sa forme, Charles Aznavour sourit de son statut de «monstre sacré» de la chanson française. «Le temps décolle un jour les dernières affiches / Un bel enterrement flatterait mon ego», reconnaît-il avant d'être fataliste: «J'accepterai mon sort car je ne me vois guère / Contre la dame en noir déclarer une guerre / Que cette pute immonde n'a jamais perdue». L'artiste, qui a entamé à l'étranger ses révérences à la scène — notamment à Montréal —, propose même un calendrier raisonnable: «Trois ou quatre ans d'adieux c'est à peu près j'estime / Ce qu'il me faut donner comme soirées ultimes».

Charles Aznavour se fait plus mélancolique à l'occasion d'un «Fado» après avoir rendu hommage à la patrie de ses parents sur Tendre Arménie. L'artiste vient d'ailleurs de donner un concert de bienfaisance au profit de l'opération «Mille Enfants d'Arménie» dans le cadre de l'Année de l'Arménie en France. Enregistré à l'Opéra de Paris le 17 février dernier en compagnie de chanteurs tels que Florent Pagny, Patrick Bruel, Michel Delpech, Dany Brillant, Axelle Red, Hélène Segara, Grand Corps Malade, Chimène Badi, Bénabar, Nolwenn Leroy, Nâdiya ou encore Amel Bent, le concert a fait l'objet d'un enregistrement.  

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  LE MONDE, 20/02/2007 "Aznavour, le plus grand des crooners"

Une limousine à plaques vertes, celles des corps diplomatiques, vient de déposer à la porte d'une brasserie parisienne un petit homme très respecté, cheveux blancs, allure droite. Charles Aznavour a 82 ans. Il arrive du Japon, va répéter à l'Opéra de Paris-Bastille. Il est en pleine tournée d'adieu, commencée triomphalement au Radio City Hall de New York (6 000 places) à l'automne 2006. Pour un abonné aux "200, 250 galas par an", le fait mérite d'être précisé.

 "Faites-vous vraiment vos adieux à la scène ?-

Disons que je fais des adieux...

"Geste vague, yeux malins et un "des" bien appuyé, la marque de fabrique de Charles Aznavour, un surdoué de la ponctuation sur le mot qui compte : le célèbre "On ne m'a "jamais" accordé ma chance", dans Je m' voyais déjà. Chemise à carreaux, pull rouge, Charles Aznavour est ambassadeur itinérant de la République d'Arménie, d'où le chauffeur et les plaques vertes. Et ce soir-là, 17 février, il y a un gala pour l'Arménie à Garnier.Les plaques de voitures, Charles aime. "Partout dans le monde, je joue avec les lettres, j'invente des mots." Le menu aussi prête aux calembours. De la langue française, Charles Aznavour apprécie la concision, "une virgule déplacée, et vous inversez le sens d'une phrase" ; les exemples drôles suivent en salve. Le français, c'est Victor Hugo, son mentor, et puis des mots simples aussi, dont il a fait 800 chansons, certaines, magnifiques, à partir du banal : Hier encore, Désormais, Et pourtant, Tu t'laisses aller, Si... Ce petit brun incompris, que la critique anglaise avait surnommé "Asnovoice" et la critique française "L'enroué vers l'or", a mis presque vingt ans à avoir du succès. Puis s'y est installé, se faisant aimer pour ses défauts précédents : la taille, la voix, le français swingué...

Il dit sereinement que, de toute sa vie, il n'a jamais croisé de psychanalyste. "J'ai trop vu le malheur pour me complaire dans la tristesse : la guerre, les privations, la pauvreté, pas la misère. Vous savez, les enfants d'immigrés sont des survivants." Ainsi Charles Aznavour version deuxième millénaire est-il devenu l'ami des jeunes chanteurs français issus de l'immigration, et le patriarche d'une famille "où il y a des enfants et des petits-enfants juifs, musulmans, catholiques et grégoriens. D'ailleurs, j'ai épousé une femme de couleur, elle est très blanche." Il s'agit de la Suédoise Ulla Thorsell, quarante ans de mariage.En 1924, Mischa et Knar Aznavourian, de jeunes artistes fuyant les persécutions antiarméniennes, arrivent à Paris en provenance de Turquie, via la Grèce. Ils ont une fille, Aïda, née l'année précédente à Salonique. Apatrides, ils attendent un visa pour les Etats-Unis. Mais le 22 mai 1924, la naissance de Vaneragh, dit Charles, les fixe à Paris.Il dit que tout ce qu'il a écrit ensuite a été conditionné par cela : il était étranger, ignoré par des gens qui passaient devant lui sans le voir. "Nous vivions dans une pièce de 25 m2. Si l'on oublie ses racines, on n'est rien. Mais je n'ai pas connu l'Arménie. Ma mère était une Arménienne de Turquie, mon père était un Géorgien d'origine arménienne. Et je suis un Français, avec des origines arméniennes."Longtemps, Aznavour va rester loin de l'histoire et du génocide arméniens. "Je suis français avant tout, mais, à la maison, mes parents nous ont transmis l'Orient, l'Asie mineure, la poésie persane.

"En 1963, Charles Aznavour, en pleine gloire, va pour la première fois en Arménie, alors partie de l'URSS. Il est antisoviétique primaire : "Je ne suis pas de gauche, je suis gauche", précise l'intéressé. A ceux qui pensent alors que le fils prodigue est rentré au pays, il oppose : "Je suis français."Son rapprochement avec l'Arménie s'affirme après le tremblement de terre de 1988 et se concrétise lors des massacres du Haut-Karabakh en 1992.Charles Aznavour a élu domicile en Suisse, à Genève. "J'y suis parti il y a trente ans. J'étais ruiné, parce que nous, les stars, sommes dépensiers, j'ai mis dix ans à me refaire - bien, je le précise. Mais jamais je n'aurais changé de nationalité. C'eût été une offense au pays qui m'a accueilli."Pour lui, Johnny Hallyday a peut-être raison de fuir l'ISF, mais pour le reste... "Je sais calculer, mais je ne sais pas compter", ajoute Aznavour, qui précise encore une fois payer ses impôts en France pour ses activités. "Et je n'ai investi qu'en France", en rachetant par exemple, en 1995, les prestigieuses éditions musicales Raoul Breton (Edith Piaf, Charles Trenet, Serge Lama, etc., à qui se sont ajoutés Linda Lemay, Grand Corps Malade, etc.), et son propre catalogue de chansons, dont la moitié des parts appartenait au géant américain WarnerChapell.Au restaurant, des tables voisines, on lui lance des petits signes, des clins d'oeil, des bouquets de complicité. Dans les coulisses de l'Opéra Bastille, idem. L'invité fétiche de Michel Drucker, le vieux sage qui savoure la Star Ac, l'amateur de La Bohème, de Puccini, a été, est et sera le plus grand des crooners français. "On se l'arrache en Amérique latine", dit Romero Diaz, producteur exécutif de son nouvel album, Colore ma vie, et qui organise une prochaine tournée d'adieu dans les pays du Cône sud. "J'ai été étonné, voilà longtemps qu'il n'y était pas allé, son aura est entière."Aznavour latino ? Toujours accompagné de son agent, Levon Sayan - quarante ans de fidélité -, il s'est installé vingt jours à La Havane, fin 2006, pour y enregistrer Colore ma vie. "Il a eu une vision très tolérante de Cuba, très gauche", constate Romero Diaz, encore une fois étonné. Aznavour a la réputation d'être à droite.

Un jour, raconte le chanteur, en Ouzbékistan, un type lui montre un de ses albums qu'il possède chez lui. Les chansons sont bien là, mais le pirate s'est trompé de photo : sur la pochette, c'est Georges Guétary. "Pas grave, je ne suis dupe de rien. Autrefois, des douaniers étrangers me demandaient d'épeler mon nom, aujourd'hui, j'ai vieilli, ils me demandent si je suis parent avec le chanteur."Pour la carrière internationale, il a regardé du côté de Maurice Chevalier. Pour la scène, il a emprunté à Edith Piaf, qui aimait rire et qu'Aznavour a aimée "pour ce qu'elle était" : "J'ai quitté femme et enfant pour la suivre, elle fascinait. Elle m'a appris le respect du public, le sérieux du métier.

"Charles Trenet, son ami, a fait le reste, et l'essentiel : la maîtrise de l'écriture. "Je suis un auteur classique avec des idées pas classiques. Mais comme tous les autodidactes - je les appelle les ignares -, on doit toujours en savoir plus."

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Le Clip vidéo

 

 

 

Le making of du clip (extrait / intégralité disponible sur la version CD-DVD de l'album)

 

 

 

Extrait de son passage à la Star Académie le 22 décembre 2006 sur TF1






Cet article provient de Monsieur AZNAVOUR

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