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La Dépêche - 11/11/2011

Charles Aznavour :"Vivez votre jeunesse!"



PUBLIÉ LE 11/11/2011 09:18 | RECUEILLI PAR JEAN-MARC LE SCOUARNEC

Il sera sur la scène du Zénith de Toulouse samedi 12 et dimanche 13 novembre après un mois de triomphe à l'Olympia. À 87 ans, le grand Charles nous parle de la vie, de l'amour, de la mort…

Charles Aznavour avoue d'emblée qu'il a des problèmes d'audition et demande qu'on lui apporte son appareil (en fait oublié à l'hôtel). L'âge du monsieur ? 87 ans, ce qu'il place directement dans une de ses premières réponses, histoire qu'on ne tourne pas des siècles autour du pot. Pour le reste, Charles Aznavour est en grande forme, l'œil frisant et la réplique qui fait mouche

Comment jugez-vous l'amour que vous porte le public ?

J'ai reçu peu de lettres d'amour de mes fans. Je ne suis pas une vedette, ce mot vous pouvez l'oublier très vite. Je suis né dans la difficulté. Il a fallu beaucoup de forceps pour que mon tour de chant soit ce qu'il est aujourd'hui. Tous les soirs, je baille, j'ai envie d'aller dormir. Quand je rentre sur scène, toute ma fatigue disparaît.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de remonter sur scène ?

L'envie, connais pas. L'envie, c'est faire pipi. Je suis quelqu'un qui va au bout de ce qu'il fait dans sa vie. Dans ma jeunesse, je connaissais mieux l'argot que le français, je ne savais rien des livres. Personne ne m'a rien appris, j'ai volé ce que je voulais. Et je continue à m'instruire. C'est la première chose au monde.

Les concerts de cette année sont-ils les derniers ?

Je n'ai jamais prononcé le mot adieux. Un menteur l'a écrit et tous les autres journalistes l'ont copié. La tournée, j'étais obligé pour ne pas vexer les gens de Lyon, de Marseille, de Toulouse. Et je n'ai pas l'intention d'arrêter ma carrière. Pourquoi j'arrêterais ? Je travaille du matin au soir. La journée, j'écris, la nuit je lis jusqu'à deux heures du matin. La littérature me nourrit. J'ai la chance d'avoir une épouse qui accepte que je sois absent, même quand je suis à la maison. Un vieux chanteur, ça n'existe pas. Un chanteur s'arrête quand il n'a plus envie de chanter, quand il n'a plus de voix, quand il a perdu son public. Je ne suis pas un vieux chanteur, je suis un chanteur âgé.

La vie vous inspire-t-elle des chansons ?

La vie est importante. Je me promène beaucoup avec un appareil photo pour en fixer des moments. Une photographie, c'est plus précis qu'un film. Et si j'ai mauvaise mémoire, beaucoup de choses me reviennent dans ce curieux moment de l'écriture. Des mots que je n'utilise jamais viennent sous ma plume. C'est un phénomène extraordinaire.

Vous dites que vous écrivez beaucoup mieux aujourd'hui qu'hier…

C'est vrai. Mon français est bien meilleur et je donne la priorité à l'écriture, pas à l'idée. Cela permet d'aller plus loin.

Quelle place accordez-vous à la critique ?

Je me fous de la critique. A mes débuts, on m'a dit que j'étais un infirme et que je ne devrais pas chanter, que je ne ferais jamais carrière. Maintenant, on me tresse des louanges. Comme elle s'est trompée une fois, la critique peut encore se tromper maintenant… dans l'autre sens.

Etes-vous intéressé par la politique ?

J'ai réuni tous les présidents de la République à mes concerts. Je n'ai pas de couleur politique et, comme ça, je suis tranquille. J'aime beaucoup Olivier Besancenot, je m'entends bien avec lui. J'apprécie ses qualités, son côté travailleur - mais ses idées politiques, je m'en fous. Dans ma jeunesse, j'étais communiste, j'aimais le peuple, les humains, je voulais lutter contre la misère. A cette époque, un souffle nous a envahis. Après, on a été cocus. J'ai été déçu par l'URSS. Quand je suis rentré de là-bas, j'ai juste dit que les théâtres étaient merveilleux.

Vos chansons d'amour sont plutôt sombres…

Les gens heureux n'ont pas d'histoire. Et puis, après Trenet, je ne me voyais pas chanter la joie. Il avait tout dit.

Quelle place ont les femmes dans votre vie ?

Je suis depuis 47 ans avec la même femme. Je n'ai pas profité de ma notoriété pour cavaler à droite à gauche.

 Dans votre dernier disque, il y a une chanson érotique…

Une chanteuse l'avait refusée. ça m'a amusé de la reprendre à mon compte. Il faut choquer. Il n'y a aucune raison de ne pas parler de ces choses-là alors que les statues, les peintures, les poèmes (de Verlaine, par exemple) vont très loin. Pourquoi la chanson devrait-elle avancer sur la pointe des pieds ?

Quelles sont vos exigences en tournée ?

Je n'en ai aucune. Je ne demande rien, même plus les bouteilles de vin dans ma loge. De toute façon, on me les apporte quand même !

Votre fille vous accompagne sur scène comme choriste. C'est agréable ?

Je dis souvent que ma femme l'a envoyée pour me surveiller. Et qu'en plus ça lui fait un revenu supplémentaire !

Vous chantez souvent la jeunesse enfuie…

Je dis aux gens : Votre jeunesse, vivez-la, ne la gâchez pas en bêtises. Moi je l'ai vécue : j'ai été déraisonnable, j'ai trop fumé, jusqu'à trois paquets par jour, je suis trop sorti, j'ai trop bu. Je pensais que ça me lavait l'intérieur. J'ai dû arrêter de boire pendant 7 ans. Et à 47 ans, j'ai stoppé la cigarette du jour au lendemain. J'ai souffert, c'était même pire que le sevrage alcoolique.

Pensez-vous à la mort ?

Oui! Tous les jours, surtout la nuit et quand j'ai mal quelque part. J'aimerais réagir comme mon copain Pierre Roche. Avant de mourir, en présence de ses deux fils et de sa dernière petite amie, avec une photo de moi sur la cheminée, il a dit : J'ai vécu la vie que je voulais vivre. Les juifs ont l'habitude de dire : Que tu vives 120 ans ! Ce matin, mon notaire, qui est juif, m'a salué en me lançant : Que tu vives 125 ans ! C'est bon, j'ai gagné 5 ans !

 

Charles Aznavour en concert au Zénith de Toulouse samedi 12 novembre à 20h30 et dimanche 13 novembre à 17h30. Tarifs : de 60 € à 100€. www.bmorganisation.fr



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