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Midi Libre - 07/11/2011

Montpellier Aznavour toujours à l’affiche

Propos recueillis par JACQUES PESSIS

L’infatigable artiste, qui se produit le 10 novembre au Zénith, évoque sa longue tournée, son métier, ses souvenirs, ses petites manies.

 

Comment avez-vous préparé cette nouvelle tournée ?

Le plus simplement du monde. Je sais que je vais chanter dans une trentaine de villes, mais je n’ai pas le planning en tête. Je me contente de suivre le mouvement. Avant de rentrer à l’hôtel, je pose toujours la même question : “Où va-t-on demain ?”

Trente dates après l’Olympia... D’autres, plus jeunes que vous, seraient fatigués d’avance. Vous, pas du tout ! Vous semblez même vous réjouir à l’idée de ce nouveau marathon.

Cette tournée me permet de retrouver un pays que j’aime et dont je connais tous les paysages. Bien que je n’aie pas chanté en France aussi souvent qu’on pourrait l’imaginer.

Vous êtes pourtant celui qui est le plus demandé.

Je pense qu’il n’est pas nécessaire d’en faire trop. Il ne faut pas fatiguer le public, car c’est comme cela qu’on risque de le perdre.

L’affluence dans les salles montre que vous l’avez plutôt gagné.

Ça n’a pas toujours été le cas. Au départ, au milieu des années 1950, j’étais loin de faire le plein partout. Il a fallu du temps pour que je sois accepté ! Marseille a été la première ville où j’ai eu du succès. Et pourtant, le public de la Canebière est réputé comme le plus difficile de France. Les premières fois, les salles étaient tellement vides que j’ai demandé à mon impresario de ne pas insister. Ça a fini par s’arranger.

Une ville ou un lieu vous ont-ils marqué à jamais ?

Un cinéma-théâtre à Avignon, incontestablement. La première fois que je m’y suis rendu, j’étais le régisseur d’Édith Piaf. Je m’occupais de tout, des éclairages, de sa loge. Dix ans plus tard, quand je suis revenu en vedette, je me suis dirigé directement vers cette pièce que je connaissais par cœur. Le directeur m’a barré l’entrée, en s’exclamant : “N’entrez pas ici, c’est la loge de Monsieur Aznavour”. Il se souvenait du régisseur, mais n’avait pas fait le rapprochement avec moi !

Selon quel critère choisissez-vous une ville plutôt qu’une autre ?

La taille du théâtre ! J’ai accepté, un jour, de chanter dans un espace très limité. Je n’ai jamais recommencé. Les petites salles ne permettent pas, hélas, d’accueillir mes musiciens et mon équipe. Une tournée, ce sont des camions et cinquante à soixante personnes qui travaillent avec moi. Voici trente ans, j’arrivais dans des music-halls où il suffisait d’appuyer sur des boutons pour mettre en marche les micros et les lumières. Aujourd’hui, nous venons avec notre sonorisation, nos lumières, et même notre accordeur de piano.

Une tournée, ce sont des centaines de kilomètres par jour. N’est-ce pas épuisant ?

Au contraire ! J’aime bien rouler. Pas les autres, bien sûr… J’adore passer des heures en voiture. C’est le seul moment où je ne travaille pas. Je regarde les paysages, j’écoute de la musique, nous parlons beaucoup. Il arrive que je chante deux ou trois soirs dans la même ville. C’est comme si j’avais une demi-journée de travail. Ça me repose…

Faites-vous partie des artistes qui, le jour d’un concert, passent la journée enfermés dans leur chambre ou dans leur loge ?

Pas du tout. Je me couche tout de suite après le spectacle, je dors peu et me lève tôt. Ce qui me laisse le temps, avant de repartir, de visiter les musées, les églises, et, surtout les boutiques. Je suis dépensier, je le confesse. Incapable, par exemple, de résister devant un gadget !

Continuez-vous à prendre en photo tout ce qui vous passe devant les yeux ?

Je me suis longtemps baladé équipé de toutes sortes d’objectifs que je changeais en fonction de la lumière et de la distance. Je les transportais dans un sac tellement lourd que j’ai fini par arrêter. Cet été, Lucien Clergue est venu chez moi. C’est l’un de nos plus grands photographes et, pourtant, il travaille avec un appareil à l’ancienne. J’ai acheté le même et, depuis, je photographie ce que je vois, sans le moindre artifice.

En vous promenant dans la rue, au milieu des passants, vous êtes loin des critères du vedettariat !

J’ai compris, depuis quelque temps, que le vedettariat, ce n’est pas important. Ce qui est essentiel, c’est d’être populaire. Certains artistes l’ignorent et il me semble urgent de le leur apprendre.



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